Vous arrivez avenue du 19 Mars 1962 avec une remorque de gravats, vous avez vérifié les horaires sur le site de la mairie, mais à l’entrée, l’agent vous demande un QR code que vous n’avez pas. Depuis janvier 2025, cette mésaventure guette les nouveaux habitants de Romilly-sur-Seine. La déchèterie intercommunale a musclé son contrôle d’accès, et sans carte ou QR code valide, impossible de déposer quoi que ce soit. Ce n’est pas un caprice administratif: la Communauté de Communes des Portes de Romilly-sur-Seine (CCPRS) veut responsabiliser le tri et limiter les apports étrangers au territoire. Résultat, le service reste gratuit pour les particuliers des communes membres, mais il exige désormais une identification systématique.
La déchèterie intercommunale, un service de la CCPRS
La déchèterie de Romilly-sur-Seine est un équipement intercommunal qui dépend directement de la CCPRS. Elle dessert non seulement la ville centre, mais aussi une douzaine de communes alentour: Maizières-la-Grande-Paroisse (à 5,3 km), Saint-Just-Sauvage (5 km), Marcilly-sur-Seine (4,2 km), Conflans-sur-Seine (4,3 km) ou encore Gélannes (6,2 km). L’adresse exacte est le 27 impasse du 19 Mars 1962, à deux pas de la zone d’activités. Pas de panneau tape-à-l’œil, mais une signalétique claire une fois qu’on a quitté la départementale.
L’implantation n’a pas bougé depuis des années, mais la gestion a évolué. La CCPRS a progressivement renforcé le contrôle, d’abord avec un badge saisonnier, puis avec le QR code dématérialisé en 2025. L’enjeu est simple: éviter que des communes non adhérentes ou des professionnels du bâtiment utilisent gratuitement l’installation sans contribuer au financement. Car le coût de traitement des déchets est supporté par la collectivité, c’est-à-dire par les habitants des communes membres.
Pour les exploitants agricoles du secteur, le sujet n’est pas anodin. On retrouve régulièrement des bidons d’huile de vidange, des fûts de produits phytosanitaires périmés ou des déchets plastiques agricoles. La déchèterie peut en accepter certains, mais sous conditions strictes. Un agriculteur qui se présente avec une remorque de déchets verts ou de ferraille doit lui aussi présenter sa carte d’accès, même si ces déchets proviennent de l’exploitation. La tolérance zéro sur l’identification s’applique à tout le monde.
Horaires: un planning à connaître par cœur

Les horaires de la déchèterie de Romilly-sur-Seine sont précis et évoluent selon la période de l’année. Les consulter avant de partir vous évitera de trouver la barrière fermée.
Horaires d’hiver (du 1ᵉʳ octobre au 31 mars)
- Lundi, mercredi, vendredi: 9h, 12h et 14h, 18h
- Mardi, jeudi, dimanche: 9h, 12h
- Samedi: 9h, 18h
Horaires d’été (du 1ᵉʳ avril au 30 septembre)
- Lundi: 9h, 19h (extension d’une heure en fin de journée)
- Mercredi, vendredi: 9h, 12h et 14h, 18h
- Mardi, jeudi, dimanche: 9h, 12h
- Samedi: 9h, 18h
Les jours fériés, le site est généralement fermé, sauf le samedi si le jour férié tombe un autre jour de la semaine. La CCPRS communique les exceptions en amont sur son site et par affichage.
Un point de vigilance: les plages du matin sont courtes. Si vous arrivez à 11h50 avec un chargement important, l’agent peut vous refuser l’accès pour ne pas dépasser l’heure de fermeture de midi. L’après-midi offre plus de marge, mais évitez d’arriver après 17h30 si vous devez manipuler des matériaux lourds. Les bennes ferment parfois avant l’heure officielle pour permettre le rangement.
Pour les professionnels et les exploitants agricoles, un créneau spécifique est parfois réservé le vendredi après-midi. Ce n’est pas un dû, mais une organisation que la CCPRS peut mettre en place si la fréquentation le justifie. Mieux vaut se renseigner directement auprès du service déchets de la communauté de communes.
Les déchets acceptés et ceux qui ne passent pas la porte
C’est le nerf de la guerre. La déchèterie de Romilly-sur-Seine accepte la grande majorité des déchets ménagers et assimilés, mais certains matériaux sont interdits parce qu’ils relèvent de filières spécifiques. Trier avant de partir, c’est gagner du temps et éviter de repartir avec son chargement.
Déchets autorisés sans restriction majeure
- Encombrants ménagers: meubles, matelas, canapés, sommier
- Déchets verts: tontes de pelouse, branchages, feuilles mortes, tailles de haies
- Gravats et inertes: briques, tuiles, carrelage, pierres, béton non armé
- Bois traité ou non traité
- Ferraille et métaux (acier, aluminium, cuivre)
- Cartons et emballages en verre
- Huiles moteur usagées et huiles de friture (contenance maximale de 20 litres par apport)
- Piles et accumulateurs (dans le conteneur dédié)
- Déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E): électroménager, écrans, petit outillage
Les volumes sont limités à 2 m³ par jour et par usager pour la plupart des catégories. Pour les gravats et la ferraille, un plafond supplémentaire par an peut s’appliquer.
Déchets refusés
- Amiante: fibrociment, toiture, dalles amiantées, flocages. Aucune collecte ne se fait en benne classique.
- Produits chimiques purs: phytosanitaires non rincés, solvants, acides, engrais liquides non dilués
- Bouteilles de gaz et extincteurs sous pression
- Pneus (sauf les pneus agricoles usagés en petite quantité et sur rendez-vous, selon la convention avec la filière Ensivalor)
- Déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI)
- Ordures ménagères résiduelles (sac noir)
Si vous avez un doute sur un produit, ne le mettez pas au fond de la remorque en espérant qu’il passe inaperçu. Un bidon d’un litre d’acide mal étiqueté suffit pour que l’agent refuse l’intégralité de votre dépôt.
Les huiles usagées méritent une attention particulière. Vous devez les présenter dans un récipient hermétique, de préférence un bidon d’origine. Pour transvaser vos huiles de vidange sans renverser, une pompe de transfert carburant bien entretenue vous fera gagner un temps précieux et évitera les projections. Le site dispose d’une cuve de récupération dédiée, vidangée régulièrement par un prestataire agréé.
Côté déchets verts, les volumes explosent en saison de tonte. Un mètre cube de tontes compactées pèse plus lourd qu’on ne l’imagine, et votre benne de 2 m³ peut rapidement dépasser la charge utile de votre remorque. Les chiffres exacts varient selon l’humidité, mais l’ordre de grandeur est comparable à ce qu’on observe avec 1 m³ de terreau en kg. Mieux vaut fractionner les apports.
Le QR code, clé d’entrée depuis 2025

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un QR code ou une carte magnétique est exigé pour déposer des déchets. La distribution des cartes s’est faite par vagues entre juillet et décembre 2024, et des permanences ont été organisées par la mairie de Romilly-sur-Seine pour les retardataires.
Comment obtenir le QR code?
Vous devez fournir un justificatif de domicile de moins de trois mois et une pièce d’identité à l’accueil de la mairie de Romilly-sur-Seine, ou dans votre mairie si vous dépendez d’une autre commune de la CCPRS. Le document est gratuit pour les résidents. Les professionnels et les exploitants agricoles doivent en plus présenter un extrait Kbis ou un récépissé d’exploitation pour obtenir un code spécifique, qui sera soumis à une tarification ou à des quotas.
Le QR code est personnel et lié au foyer fiscal. Vous le téléchargez sur votre téléphone ou vous recevez une carte plastifiée par courrier. L’agent de déchèterie le scanne à l’entrée et à la sortie. Ce système permet au gestionnaire de comptabiliser le nombre de passages, de catégoriser les déchets déposés et d’identifier les comptes qui dépassent les plafonds autorisés.
Que faire si on perd son code?
Un duplicata est délivré par la mairie, moyennant parfois une participation aux frais (généralement 5 euros). Sans ce duplicata, vous ne pouvez pas accéder à la déchèterie. Les gestes de bonne volonté ne suffisent plus pour convaincre l’agent de vous laisser entrer.
Combien de passages par an? Les règles à connaître
Le QR code ne sert pas qu’à ouvrir la barrière. Il enregistre chaque visite. La CCPRS a fixé un plafond annuel de passages, au-delà duquel l’accès est refusé ou facturé. Officiellement, ce plafond est de 24 passages par an pour les particuliers, soit deux passages par mois en moyenne. Pour les déchets verts, un compteur séparé peut limiter à 12 apports annuels si les volumes explosent.
Un agriculteur ou une ETA qui fréquente la déchèterie pour ses déchets d’atelier ou ses déchets verts peut se voir attribuer un quota supérieur sur demande, avec une facturation par passage supplémentaire, autour de 15 euros la visite pour les professionnels. Ce tarif n’est pas figé et doit être confirmé auprès du service déchets.
L’avantage indirect de ce comptage, c’est la diminution franche des dépôts sauvages aux abords de la déchèterie. Les usagers savent que leur passage est tracé, ce qui dissuade les apports de déchets non conformes. La CCPRS peut ainsi cibler les contrôles sur les comptes qui présentent des anomalies.
Pour ceux qui vident régulièrement des cuves d’huile ou de carburant sur l’exploitation avant d’amener les résidus, une simple pompe siphon carburant suffit souvent à transvaser proprement sans multiplier les allers-retours à la déchèterie. L’investissement se rentabilise vite quand on évite de consommer un passage pour un bidon de 5 litres.
Impact environnemental: pourquoi bien trier change la donne
Le tri en déchèterie n’est pas un geste symbolique. À l’échelle de la CCPRS, un taux de valorisation matière de 65 % est visé, ce qui signifie que plus de la moitié des déchets déposés repartent vers une filière de recyclage ou de valorisation énergétique. Le bois part en chaudière biomasse, les métaux sont refondus, le verre redevient calcin, les gravats sont concassés pour servir de remblai routier.
Les filières locales: un maillage discret mais efficace
Le verre part vers les usines du Nord, la ferraille vers un aciériste de la région Grand Est, les huiles usagées sont régénérées en carburant lourd ou en huile de base. Les D3E sont démantelés dans un atelier d’insertion à moins de 50 km de Romilly-sur-Seine. Ce n’est pas du marketing territorial, c’est la réalité des bordereaux de suivi des déchets que la CCPRS est tenue de fournir aux services de l’État.
Pour les agriculteurs, l’enjeu est double: en triant les plastiques agricoles (big bags, films d’enrubannage, bidons rincés), ils participent à la filière Adivalor, et en déposant les pneus usagés dans les circuits Ensivalor, ils évitent de payer une taxe d’enlèvement lors de l’achat de pneus neufs. Chaque catégorie bien triée réduit le coût global de gestion des déchets pour la collectivité, et donc in fine pour le contribuable.
Réduire ses déchets avant de venir
Le premier geste de tri commence chez vous. Jeter un meuble encore utilisable, c’est alourdir le bilan de la déchèterie. La CCPRS promeut le réemploi via des associations locales et des zones donnant-donnant. Si vous habitez un rayon de 10 km, vous pouvez aussi emprunter un broyeur à végétaux auprès du service technique pour réduire le volume de vos branchages avant de les amener. Ça diminue le nombre de passages et ça évite d’encombrer la benne à déchets verts de branches de 2 mètres.
Autres déchèteries et points de collecte autour de Romilly-sur-Seine
La déchèterie de Romilly-sur-Seine n’est pas la seule proposition intercommunale. Si vous êtes à cheval entre deux secteurs, ou si vous avez besoin d’un créneau plus large, deux alternatives existent à moins de 30 km.
- La déchèterie de Nogent-sur-Seine, gérée par la communauté de communes du Nogentais, applique des horaires similaires, avec une fermeture à 12h le mardi et le jeudi. Elle accepte les mêmes flux, mais le QR code de la CCPRS n’y est pas valable.
- Celle de Romilly-sur-Andelle (dans l’Eure, à ne pas confondre) est souvent citée par erreur dans les recherches en ligne. Elle se trouve à plus de 120 km et n’a rien à voir avec la CCPRS.
Pour les déchets plus spécifiques (bombes de chantier chimiques, fusées de détresse, extincteurs), un point de collecte existe à la gendarmerie de Nogent-sur-Seine sur rendez-vous. Les services techniques des mairies peuvent aussi récupérer les piles et les lampes basse consommation.
Les habitants des communes limitrophes non adhérentes (quelques hameaux à la frontière de la Marne) doivent se tourner vers la déchèterie de leur propre intercommunalité. La CCPRS est intraitable sur l’origine géographique: un justificatif de domicile récent est exigé même pour un passage exceptionnel.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui n’est pas accepté en déchèterie?
L’amiante, les produits chimiques purs, les bouteilles de gaz sous pression, les pneus en grande quantité, les DASRI et les ordures ménagères non triées ne sont pas acceptés. Ces déchets nécessitent une filière dédiée. Pour l’amiante, votre déchetterie vous orientera vers un centre agréé; pour les produits chimiques, renseignez-vous auprès du fabricant ou de la déchèterie mobile de produits dangereux qui passe une fois par an.
Quel est le salaire d’un agent de déchèterie?
Les agents de déchèterie relèvent de la fonction publique territoriale. Leur traitement indiciaire débute à l’équivalent du SMIC, avec des primes de technicité et de pénibilité qui peuvent porter la rémunération autour de 1 600 euros nets mensuels en début de carrière. L’ancienneté et les responsabilités d’encadrement font monter ce salaire. On parle d’adjoint technique territorial de 2ᵉ classe, un poste accessible sans diplôme mais avec une formation interne.
Comment obtenir le QR Code pour la déchèterie?
Vous devez vous rendre à la mairie de votre commune (si elle est membre de la CCPRS) avec un justificatif de domicile et une pièce d’identité. La carte est gratuite, délivrée immédiatement ou sous quelques jours. Les professionnels et exploitants doivent fournir un extrait Kbis ou une attestation d’exploitation agricole. Sans cette pièce, aucun accès n’est possible.
Combien a-t-on le droit de passage à la déchèterie?
Le nombre de passages autorisés par an est de 24 pour les particuliers. Pour les déchets verts, un plafond distinct peut ramener la limite à 12 apports. Les professionnels négocient un forfait spécifique, avec une facturation au-delà d’un seuil défini. Une fois le quota dépassé, l’accès est refusé ou facturé à l’unité. Consultez le règlement de la CCPRS pour les modalités précises.
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